S’est tenu à Bagnolet, jeudi 09 Février un meeting du Collectif « Mamans Toutes Égales », recevant de nombreux chercheurs, militants, parents, juristes.
Parmi la foule, des hommes et des femmes de toute origine et confession.
Tous le monde est d’accord que cette Loi, qui n’est qu’un pas de plus vers la stigmatisation de l’Islam et les musulmans, ayant pour objectif de marginaliser les français de confession musulmane.
Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne, a voté contre la loi le 17 janvier disait : «J’en ai assez que l’on soit les seuls à s’opposer à ce genre de texte. Il va falloir comprendre que la laïcité n’est pas une religion et que les politiciens ne peuvent pas faire peser un tel soupçon sur l’islam.»
Joël Roman, philosophe et essayiste invité par le collectif s’exprime:« Il y a une confusion entre la laïcité et la séparation du privé et du public. Penser que la religion est absolument privée est absurde et totalitaire. La laïcité sert de cache sexe a une opération raciste de rejet. ».
Jean Baubérot, professeur émérite de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité souligne:« Neutralité et liberté de conscience ne sont pas incompatibles » « La neutralité ne vaut que pour l’Etat. C’est comme dans un match de foot, l’arbitre doit faire respecter les règles pour permettre aux joueurs de continuer la partie, mais il ne marque pas de but. En ramenant la neutralité au sein des foyers, on glisse dangereusement!« .
Mireille Fanon-Mendès France, présidente de la fondation Frantz Fanon,. Pour elle, la stratégie du gouvernement est claire : « Il attise la haine de l’autre pour justifier des opérations extra-judiciaires et masquer le piètre bilan économique, politique et social. »
Des mamans présentes dans le meeting, ont exprimé leur désarroi, « L’école veut bien de nous quand il s’agit de faire des gâteaux pour les kermesses, quand il faut coudre les déguisements pour les spectacles de fin d’année ou manifester contre les suppressions de postes. Mais pour les sorties scolaires, nous ne sommes pas les bienvenues parce que nous portons le voile. »
Noémie Lozac’hmeur fondatrice de l’association « Nous citoyennes », qui prône le vivre ensemble, et qui, comme MTE, lutte contre l’exclusion des mères voilées des écoles de la République; se souvient du jour où les sorties scolaires lui ont été interdites.« Je me suis pris une grosse claque. On remettait en cause mon appartenance à ce pays. Pourtant, je suis française de souche. Le foulard est un vêtement. Est-ce aux autres de choisir comment je dois m’habiller ? » Noémie est une convertie. Pour elle, la stigmatisation des musulmans est évidente :« Quand j’ai commencé à porter le voile, peu avant 2004, j’ai senti le changement des regards. »
Saïd Bouamama Sociologue rétorque: « Depuis 2004, on assiste à l’installation d’une islamophobie d’Etat ».« la colonisation a tordu l’imaginaire des pays colonisateurs. On a décolonisé les pays, mais pas les esprits. Nous avons intériorisé des images biaisées de l’autre et il suffit que les politiciens les instrumentalisent pour les faire resurgir ».
Une lettre ouverte aux candidats
Les membres du collectif ont décidé d’interpeller tous les candidats en publiant une lettre ouverte. Ils n’excluent pas non plus la saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme. « Nous sommes en campagne, c’est une chance », a souligné Mireille Fanon-Mendès France. Elle a incité les personnes du public à monnayer leur vote aux législatives contre une promesse de saisine du Conseil constitutionnel au sujet de la loi Laborde si celle-ci était adoptée par l’Assemblée. Une mission là aussi difficile tant les partis – y compris ceux de gauche – ont du mal à se positionner sur la laïcité.











