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Le temps, une question de vie et de mort

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January 16, 2016 · 0 comments

A chaque culture, son calendrier. Parmi les calendriers notables, il y a le calendrier julien, grégorien, hébraïque, musulman, chinois, etc ; chacun avec son premier jour de l’année. Les cycles « apparents » de temps (jour, semaine, mois, an) nous font perdre de vue l’aspect linéaire de la vie et nous font oublier l’essentiel : la mort. Dans l’enseignement islamique, cet aspect répétitif de temps n’est qu’illusoire. Chaque moment qui passe ne reviendra plus. D’où l’intérêt de ne pas tomber dans le piège tendu par le diable en imaginant que ce que nous n’avons pas pu faire la veille sera rattrapé le lendemain[1] . Il faut profiter de chaque instant pour « être présent à Dieu » et faire de bonnes œuvres et pieuses.

Nous choisissons le surnom de Hârith bin Asad [2] comme symbole pour illustrer ce que devrait être notre comportement vis-à-vis du temps. En effet, son surnom al-Muhâsibi (le comptable) est un dérivé de muhâsaba (comptabilité, examen de conscience, audit, auto-inspection, etc). Ce mot en rapport avec le commerce, est un concept qu’on retrouve dans le Coran : « Ô vous qui avez la foi ! Vous indiquerai-Je un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? Ayez foi en Dieu et en Son messager et engagez-vous avec vos biens et vos personnes dans le chemin de Dieu, … »[3] et qui se trouve également dans la tradition prophétique : « … Tout homme débute sa journée commerçant de son âme : il l’affranchit ou la conduit à sa perte »[4].

Ainsi, nous devrions faire chaque jour « le bilan » de ce qui a été positif ou négatif dans nos agissements, de nos « profits et pertes ». Faisons régulièrement notre bilan : Remercions Dieu pour ce qui est positif (c’est par Sa permission), demandons pardon à Dieu pour nos péchés et nos manquements, Il est le Pardonneur et le Très Miséricordieux.

Nous savons que « les actes ne valent que par les intentions » [5] et que « celui qui a l’intention d’accomplir une bonne action sera récompensé une fois même s’il ne le fait pas»[6]. Pour autant, en ces moments difficiles, plus difficiles d’ailleurs pour ceux qui n’ont aucun espoir en Dieu, la bonne intention et le discours ne suffisent pas ; il faut plus que jamais des actions comme preuves. Le Jour dernier, c’est avec ces preuves que nous nous présenterons devant « [B]Celui qui a créé la mort et la vie afin de nous éprouver (et de savoir) qui de nous est le meilleur en œuvres » [7]. Et c’est maintenant qu’il faut agir et se mettre au travail. En effet, on ne récupère l’eau de pluie que quand il pleut. Le temps est bien une question de vie et de mort, nous devons nous préparer pour la mort tout au long de la vie.

Chaque cycle de temps doit nous rappeler notre voyage de retour vers Dieu. En répondant à la question de savoir « l’homme le plus sage et le plus prévoyant », le Prophète, paix et salut sur lui, a répondu que c’est « celui qui se rappelle beaucoup de la mort et fait la préparation la plus grande pour cela. Ce sont seuls les sages et les prudents, ceux qui lui ressemblent. Ils ont gagné le respect dans ce monde aussi bien que la gloire dans la Vie dernière»[8].

Le sens de la vie, la mort, notre rencontre avec Dieu et notre devenir font partie des points centraux dans les enseignements de l’Imam Abdessalam Yassine, que Dieu lui fasse miséricorde. Au cours d’une visite, il a rappelé la vertu à acquérir dans une société où tout est organisé pour que l’Homme s’oublie et perde le sens de la vie. Pour bien profiter de la vie, il faut se rappeler constamment de la mort et rappeler aux gens la mort pour le réveil de conscience ; la mort, un rendez-vous que personne ne manquera. L’Imam Abdessalam Yassine, que Dieu lui fasse miséricorde, nous a alors rappelé qu’une fois dans la tombe, qualifiée également de fossé, de trou, chacun sera amené à répondre à deux questions [9], la bonne réponse est synonyme de la félicité avec le Paradis en guise de récompense. Dans le cas contraire, la finalité des concernés est dans la main de Dieu. En référence à un hadith [10], il nous a rappelé des clés du Paradis :

–          avoir la foi,

–          pour avoir la foi, il faut s’aimer en Dieu

–          et pour acquérir l’amour en Dieu, il faut répandre le salam (la paix)

Il n’a pas limité le sens de ce dernier mot à la salutation mutuelle, mais aussi dans le sens de propager la paix, le salut, la fraternité par la foi et par le devoir, l’amitié, ne pas effrayer les gens et qu’ils se sentent en sécurité en notre présence et qu’ils n’ont rien à craindre. On est bien loin de la haine et de la violence prônées par certains.

Afin de bien préparer notre rencontre avec Dieu, Dieu nous a écrit [11], bien avant notre naissance, les quatre choses qui pourraient être les sources de nos soucis quotidiens : la durée de vie, les actes, les conditions heureuses et malheureuses, la subsistance (rizq). Ainsi, toute personne ou autorité qui prétend pouvoir utiliser ces points pour menacer autrui n’est qu’un illusionniste. A nous de ne pas nous laisser emporter par la vague matérialiste qui déferle sur la société contemporaine.

Il y a également des postures à avoir concernant les œuvres. A notre connaissance, l’image donnée par Ahmed Rahmani [12] au cours d’une exhortation exprime le mieux la position à tenir en la matière. Il s’agit d’un bébé assis sur un tricycle faisant semblant de pédaler pour avancer alors qu’il est poussé par ses parents. Avoir la certitude que les œuvres sont accomplies par la permission de Dieu est le seul remède pour ne pas bomber le torse ; c’est également l’une des clés de la reconnaissance envers Dieu. Nous Le remercions pour Ses innombrables bienfaits tout en Lui demandant pardon pour nos imperfections.

Comme toujours mais encore plus aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de Dieu. Cependant, il nous a été demandé de Lui vouer exclusivement le culte. Plaçons alors nos résolutions très hautes tous les jours, aimons-nous, rassemblons-nous car, et nous le savons tous, Dieu est avec le groupe et le loup ne mange que la brebis égarée !

Et dis : « Œuvrez, car Dieu va voir votre œuvre, de même que Son messager et les croyants, et vous serez ramenés vers Celui qui connaît bien l’invisible et le visible. Alors, Il vous informera de ce que vous faisiez »[13].

Notes :

\[1] C’est-à-dire que nous n’allons pas rattraper le temps perdu ; c’est le sens de « ne remettez pas au lendemain ce que vous pouvez faire le jour même » (Benjamin Franklin).

\[2] Son nom complet est Abu Abdullah Harith bin Asad al-Basri, né à Basora en 781 de l’ère chrétienne. Parmi ses écrits sont « Règle de vie en vue de l’observation des droits de Dieu (Kitab al-Ri`aya li-huquq Allah) » et « La Résurrection : L’ultime épreuve avant la demeure finale ([I]Al Ba’th wa’n-Nushûr[/I]) ». Il abordait régulièrement les défauts de l’âme et comment y remédier, le repentir, le retour à Dieu, l’éducation spirituelle, etc. De ce dernier livre, citons l’appel de l’ange Isrâfîl au jour de la Résurrection : « Ô corps usés, os pourris, cheveux dispersés et veines arrachées ! Levez-vous des gosiers des oiseaux, des ventres des fauves, des profondeurs des océans et des entrailles de la terre pour comparaître devant Le Seigneur des Mondes ! ». Bref, ce n’est pas en se faisant incinérer et disperser ses cendres que l’on échappera à la Résurrection et au Jugement dernier.

\[3] Le Coran, chapitre 61, versets 10-11

\[4] « … Tout homme débute sa journée commerçant de son âme : il l’affranchit ou la conduit à sa perte » (Hadith rapporté par Abou Mâlik al-Hârith bin ‘Asim al-Ash’arî recueilli par Muslim).

\[5] Hadith rapporté par Omar Ibn Al Khattab, recueilli par Al-Bukhari et Muslim.

\[6] « Dieu a inscrit les bonnes et les mauvaises actions. Quiconque a l’intention d’accomplir une bonne action et ne la fait pas se la verra comptée comme une bonne action à part entière. S’il l’accomplit après avoir eu l’intention de la faire, Dieu multipliera cette bonne action en la comptant de dix à sept cents fois plus ou encore davantage. Quiconque pense à commettre un péché puis s’en abstient, Dieu lui comptera une bonne action à part entière. S’il la commet après y avoir songé, Dieu la lui inscrit comme étant une seule mauvaise action. »  (Hadith rapporté par Abdullâh bin al-Abbâs, recueilli par Al-Bukhari et Muslim).

\[7] Sens tiré du verset « Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur » (Le Coran, chapitre 67, verset 2).

\[8] Un sens de hadith rapporté par Abdullah bin Omar, recueilli par at-Tabarâni.

\[9] Une variante de nombreux hadiths sur la première étape de la vie dans le monde de Barzakh (la période qui débute dès l’extraction de l’âme et s’achève par le Jour du Jugement), qui est l’interrogation par Mounkar et Nakîr (les deux anges) dont voici une version :

Sur l’après-enterrement d’un défunt, le Prophète (paix, salut et bénédiction sur lui) a dit :

« Et puis son âme sera ramenée à son corps, et deux anges se présenteront à lui et le mettront debout et lui diront,

– « Qui est ton Maître »

– « Dieu est mon Maître »

– « Quelle est ta religion ? »

– « L’Islam est ma religion »

– « Qu’en est-il de cet homme qui vous a été envoyé ? »

– « Il est le Messager de Dieu (paix, salut et bénédiction sur lui) »

– « Comment l’avez-vous su ? »

– « J’ai lu le livre de Dieu et y ai adhéré et cru en lui »

Une clameur dira depuis le ciel : « Mon serviteur a dit vrai. Préparez-lui un lit et des vêtements au Paradis. Ouvrez-lui une porte débouchant sur le Paradis de sorte qu’il pourra en recevoir l’avant-goût et la fraîcheur. On lui élargira sa tombe l’espace d’une vue d’œil » … » (Hadith rapporté par Al-Bara’ Ibn ‘Âzib, recueilli par Abou Dawoud, Ahmad et Al-Hakim).

\[10] «Vous n’entrerez pas au paradis avant d’avoir la foi et vous n’aurez pas vraiment la foi aussi longtemps que vous ne vous aimerez pas réellement. Voulez-vous que je vous indique une chose qui vous permettrait de vous aimer sincèrement ? Propagez le Salam » (Hadith rapporté par Abou Hourayrah, recueilli par Mouslim, At-Tirmidhi et Ahmad et Al-Hakim).

\[11] « La conception de chacun de vous, dans le ventre de sa mère s’accomplit en quarante jours ; d’abord sous la forme d’une semence, puis sous celle du plasma sanguin pour une même période, puis sous celle d’un morceau de chair, pour une période semblable. Enfin, un ange lui est envoyé, il y insuffle l’esprit vital, et reçoit l’ordre d’inscrire quatre décisions \[le concernant], à savoir : ce qui lui est imparti comme bien et nourriture, délai de vie, actes et condition heureuse ou malheureuse… » (Hadith rapporté par ‘Abdallah ibn Mas’ûd, recueilli par Al-Bukhari et Muslim).

Notons que ceci n’a rien à voir avec une quelconque fatalité. Des savants ont expliqué cette procédure par l’un des attributs de Dieu, l’Omniscience. Ainsi, Dieu a écrit d’après ce qu’Il (Très Haut) a su, et a ensuite créé d’après ce qu’Il a écrit.

\[12] Ahmed Rahmani est le directeur de l’Institut de Recherche sur la Modernité. Il est éditeur et un acteur dans les différents débats centrés sur la transformation du monde.

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